Après une sortie matinale dans la forêt de Fontainebleau, j’ai découvert une petite tique accrochée à la cheville alors que je rangeais mon sac. Ce genre de surprise arrive plus souvent qu’on ne le pense, même sur des sentiers bien balisés. L’expérience m’a poussé à revoir toute ma routine, du choix des vêtements au geste de retrait, pour que la prochaine randonnée se passe sans mauvaise surprise.
Pourquoi les tiques sont‑elles dangereuses en randonnée ?
Les tiques ne sont pas de simples nuisibles ; elles peuvent transmettre plusieurs agents pathogènes. En France, la borréliose de Lyme reste la plus connue, mais l’encéphalite à tiques et la piroplasmose animale (qui peut toucher le chien qui vous accompagne) figurent aussi au tableau de bord de Santé publique France. L’ANSES rappelle que le risque augmente dès que l’on passe du temps dans la végétation basse, surtout au printemps et en automne. Pas besoin de statistiques alarmistes : il suffit de savoir que chaque morsure non détectée à temps peut ouvrir la porte à une infection, d’où l’intérêt d’une prévention rigoureuse avant, pendant et après la marche.
Comment s'habiller et s'équiper avant le départ (vêtements clairs, guêtres perméthrine, tire‑tique)
La première ligne de défense, c’est le vestiaire. Optez pour des pantalons techniques clairs, faciles à repérer quand une tique grimpe. Les guêtres traitées à la perméthrine, disponibles chez les revendeurs spécialisés, forment une barrière chimique qui repousse l’arachnide avant qu’il n’atteigne la peau. Glissez dans le sac un tire‑tique à crochet fin, un chapeau à large bord et des chaussettes montantes que vous rentrerez dans le bas du pantalon. Une check‑liste PDF, téléchargeable depuis le site de l’ONF, permet de ne rien oublier : vêtements, répulsif, trousse de premiers secours, carte IGN du secteur (Vosges, Cévennes, Alpes…). Préparez le tout la veille, histoire de partir l’esprit léger.
Quels répulsifs anti‑tiques choisir ? Comparatif terrain (DEET, icaridine, huiles essentielles)
Sur le terrain, tous les répulsifs ne se valent pas. Le DEET à 30 % offre une protection de 6 à 8 heures, mais son odeur forte et son impact sur les matières plastiques peuvent déranger. L’icaridine (aussi appelé picaridine) à 20 % donne une durée similaire, avec une meilleure tolérance cutanée et un profil environnemental plus doux. Les huiles essentielles (géranium, lavande, tea‑tree) séduisent par leur naturel,yet leur efficacité chute après deux heures et elles ne sont pas reconnues par l’ANSES comme protection principale. En pratique, j’applique l’icaridine sur la peau exposée et vaporise un spray textile à base de perméthrine sur le sac, la tente et le duvet. Un tableau comparatif, mis à jour chaque saison, figure sur le site de CiTIQUE pour aider à choisir selon la durée de la sortie et le massif visité (Jura, Massif Central, Pyrénées…).
La routine pendant la rando : inspection, marche sur sentiers, gestion du sac et de la tente
Une fois sur le chemin, quelques réflexes simples font la différence. Restez sur les sentiers balisés ; l’herbe haute et les fougères sont les terrains de chasse préférés des tiques. Toutes les deux heures, faites une pause rapide pour passer la main sur les zones découvertes : chevilles, poignets, cou, derrière les oreilles. Le sac à dos, posé au sol lors des pauses, peut devenir un nid ; vaporisez‑le avec le spray textile avant de le reprendre. La tente, une fois montée, mérite un coup de spray sur les parois intérieures, surtout si vous dormez en bivouac dans les Alpes ou le Massif Central. Ces gestes, répétés à chaque sortie, deviennent vite automatiques.
Après la rando : inspection corporelle, lavage/séchage/congelation des vêtements, retrait correct d'une tique (photos étape par étape)
De retour à la maison, la douche est le premier geste : l’eau savonneuse fait tomber les tiques non encore fixées. Ensuite, placez‑vous devant un miroir en pleine lumière et inspectez méthodiquement chaque pli : aisselles, creux poplité, ligne du maillot, cuir chevelu. Si vous repérez une tique, sortez le tire‑tique, glissez le crochet sous la tête sans écraser l’abdomen, puis tirez doucement vers le haut. La méthode en images, disponible sur le site de l’ARS, montre chaque étape pour éviter la régurgitation. Les vêtements, eux, passent à la machine à 60 °C, puis au sèche‑linge 30 minutes ; pour les pièces délicates, 48 heures au congélateur font aussi l’affaire. Le sac et la tente reçoivent un dernier spray avant d’être rangés.
Zones à risque en France, périodes d'activité et signes d'alerte (érythème migrant, Lyme, piroplasmose, encéphalite)
Les cartes de CiTIQUE et les données de l’INRAE montrent que les massifs les plus concernés sont les Alpes, le Jura, les Vosges, le Massif Central et les Pyrénées, avec une activité maximale d’avril à octobre. En zone humide, comme les bords de la Loire ou les landes bretonnes, le risque persiste plus longtemps. Surveillez l’apparition d’un érythème migrant (anneau rouge qui s’élargit), de fièvre, de douleurs articulaires ou de maux de tête inhabituels dans les semaines qui suivent une morsure. Si l’un de ces signes survient, direction le médecin traitant ou le CHU le plus proche, en précisant le lieu et la date de la randonnée. Une déclaration sur le portail Ameli permet aussi de contribuer à la surveillance nationale.